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7. Le mythe du Cow-boy

Le Cow-boy

Le mythe du cow-boy américain, cet habitant de la frontière

 On nommait vaqueros le premier cow-boy. De l'espagnol, ce mot veut dire bouvier ou vacher. Déjà là, nous désenchantons sur la dénomination même de ce personnage légendaire. Par la suite, on adopta le mot cow-boy, inventé il y a plus de mille ans par les irlandais, qui l'apportèrent avec eux lors de leur arrivée en Amérique du Nord. Mais au début, étaient appelés cow-boys les voleurs de bétail.

 Ce n'est que plus tard, lors du développement exponentiel des ranches et de l'élevage en semi-liberté du bétail que l'on nommera cow-boys les hommes chargés de rassembler et de conduire les troupeaux vers les grands centres de tri (les abattoirs et les grands marchés tels que Cincinnati ou Chicago).

 Il ne faut pas se leurrer, les cow-boys n'étaient pas de fiers cavaliers, bravant les tempêtes et les indiens en prenant plaisir à provoquer des duels dans chacune des villes qu’ils traversaient. Non, ils étaient des hommes comme tous les autres, qui cherchaient un emploi et l'exécutaient du mieux qu'ils pouvaient.

 Ils conduisaient des troupeaux pouvant aller jusqu’à 2500 têtes, été comme hiver. Un cow-boy nommé W.A. Penil, dans le récit qu'il a laissé de ces transhumances, nous raconte que dans un seul voyage, il a essuyé une tempête qui tua le tiers du troupeau, les indiens lui volèrent 58 chevaux sur 63, il rencontra un blizzard qui laissa 15 cm de neige, ne trouva que des sources d'eau non potables, traversa le désert de sel de l'Utah, où pour survivre, il but le sang des chevaux, et passa au travers d'une muraille de montagne pour enfin parvenir à son but ultime, la Californie.

 Cette vie, ou les périls étaient nombreux, n'avait pas à être enviée. Peu de gens désiraient à cette époque prendre la place d'un cow-boy. Les dangers étant trop grands et le travail trop ardu. C'est en partie pourquoi les cow-boys des années 1860 étaient en majorité texans ou noirs c’est-à-dire des individus provenant de la couche très inférieure de la société. À l'apogée de l'empire du bétail, on estimait leur nombre à 35 000, les noirs représentant un cow-boy sur cinq.

 Les propriétaires de ranches, grands et petits, pratiquaient l'élevage extensif. Les cow-boys gardaient les bêtes, les rassemblaient, les marquaient au fer rouge et les conduisaient par de mauvaises pistes d'un pâturage à l'autre, parfois sur des centaines de kilomètres. Il leur arrivait parfois de poser une selle de quarante dollars sur le dos d'un cheval en valant dix, la plupart de leurs chevaux étant des mustangs capturés à l'état sauvage et sommairement dressés.

 Le mythe de la monture fidèle à son cavalier se révèle être ici, un simple rapport de force établi en quelques heures, où la monture se soumettait ou était déclarée indomptable et hors-la-loi. Le cow-boy disposait donc de deux à huit de ces chevaux, tous à peu près sauvages, mais sachant très bien ce qu'on attendait d'eux. Les hommes plus chanceux disposant de deux montures pour le matin, deux pour le jour et deux pour le soir, les deux dernières étant pour aller au village, à l'église ou pour remplacer un cheval blessé.

 Le cow-boy moyen était souvent, au départ, un cavalier médiocre, l'expérience ne venant qu'après de longues années à manger la poussière à l'arrière du troupeau. La selle western avait cela de pratique, elle permettait à un mauvais cavalier d’exécuter son travail au même titre que celui plus habile et expérimenté. Ainsi, le cow-boy n'avait pas besoin d'apprendre ce volet de son métier, son équipement lui permettant d'échapper à l'école.

 Il se sentait plus en sécurité dans une selle profonde et il était pratiquement impossible de tomber d'une selle de cow-boy. Le cavalier peu sûr de lui aimait se raccrocher à quelque chose en cas de problème, c'était un des rôles du pommeau de la selle western. Le cow-boy galopait rarement vite, sauf pour son plaisir, pour rabattre des bœufs ou encercler un troupeau dispersé. Sur les longues distances, il marchait ou trottait.

 Au ranch, une fois par année, au printemps, venait le temps du round-up. Les journées dépassaient douze heures à travailler dans la poussière, le sang, la fumée et le beuglement des veaux. C'est une étape impérative, mais combien difficile au cow-boy qui doit castrer, vacciner et marquer au fer les veaux de l'année. Pour un homme qui vit paisiblement tous les jours de son existence avec ses bêtes, le round-up lui est cruel, car c'est une étape douloureuse et violente pour les animaux qui subissent toutes ces épreuves sans être anesthésiés. Le cow-boy est humain et souvent, l'odeur et l'atmosphère viennent à bout de lui.

 Ensuite vient l'été et avec elle le cutting, où il faut sevrer les veaux et couper leur cornes. Puis l’automne, puis l’hiver, continuel recommencement. Loin du cow-boy la vie trépidante, pleine de surprises et d'aventures. Les seules anecdotes qu'il aura à conter seront celles d'une journée comme les autres.

 La parure du cow-boy: un effet boeuf!

Même si l'on tient actuellement le costume de cow-boy pour un élément de fantaisie, il fut crée à l'origine pour des raisons pratiques. Le gardien de troupeau du XIXe siècle portait ce chapeau à larges rebords si connu pour le mettre à l'abri du soleil et de la pluie, qui protégeait sa tête lorsqu'il se frayait un chemin à travers les branches d'arbres et qui lui servait d'oreiller la nuit.

 Son foulard, la plupart du temps en soie, servait à éponger la sueur, à faire des bandages, à filtrer l'eau, à faire un masque contre la poussière ou contre les moustiques. Les pantalons n'étaient pas collants, comme on les montre dans les films, mais lâches et rentrés dans des bottes à hauts talons qui s'ancraient dans le sol quand il fallait retenir un veau et qui ne glissaient pas dans les étriers.

 Les pantalons de cuir, ou chaps, donnaient une bonne adhérence à la selle, protégeaient du froid, du frottement des grandes chevauchées, des épines, des morsures de serpents, des ruades et de la pluie. Rien de plus pratique, les seules fantaisies ayant peut-être été les ornements et les gravures ajoutés à la selle, aux éperons et aux chaps.

Le lasso, fait de cuir cru, de coton ou parfois de crins de cheval tressés, servait à attraper le bétail et tendu entre deux arbres, il faisait office d'enclos provisoire pour les chevaux. Le revolver ou le fusil légendaire du cow-boy, quant à lui, n'était indispensable que pour des raisons pratiques, telles que mettre fin à la souffrance d'une des bêtes à sa charge ou pour tuer le gibier dont il se nourrissait pendant les longues transhumances.

Avec le déclin de l'empire du bétail, entre 1880 et 1900 et l'apparition des clôtures, synonymes de la fin du libre pâturage, les conditions d'élevage se modifièrent. Le travail du cow-boy consista désormais à chevaucher le long d'immenses clôtures pour y repérer les brèches et les réparer.

 Les transhumances passant de plusieurs mois à quelques jours, on eut besoin de moins de chevaux. On se préoccupa d'avantage de l'équitation d'agrément et les luttes qui opposaient parfois les cow-boys pour leur plaisir aboutirent à l'industrie très organisée du rodéo.

 Là peut-être est née la légende du cow-boy, le public s'imaginant que les différentes épreuves du rodéo furent celles qu'il devait affronter chaque jour durant toute sa vie. Hélas, ce n'était que les tristes et risquées manœuvres qu’obligeait le métier.

 On transforma alors les parties les moins trépidantes et les plus dangereuses du travail de gardien de troupeau en foire publique. Entra alors un métier et un mode de vie certes honorable, mais combien difficile et peu enviable, dans l’imaginaire des enfants et des plus grands, devenant le mythe du cow-boy américain.

 

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