un compteur gratuit pour votre site web

5. Mélanomes équins

MELANOMES EQUINS

Les mélanomes équins

Les tumeurs des mélanocytes sont communes et facilement identifiées par le praticien vétérinaire. Elles représentent entre 4 et 15% des tumeurs cutanées équines. Mais l'incidence réelle de ces tumeurs n'est pas connue ; souvent, en effet, la confirmation histologique du diagnostic n'est pas faite lors des études épidémiologiques ; le diagnostic n'étant, du fait de sa simplicité apparente, que clinique. Il semblerait que l'on observe, aux Etats-Unis, une augmentation parallèle du nombre des mélanomes cutanés humains et des tumeurs des mélanocytes des chevaux.

Ces tumeurs des mélanocytes surviennent à un endroit quelconque du corps, elles s'observent chez le Cheval comme chez la Mule, quelle que soit leur couleur de robe.

Elles sont cependant plus fréquentes chez les chevaux gris et blancs. Certaines races semblent particulièrement prédisposées : Chevaux arabes, camarguais, pur-sang et percherons. Récemment, une étude épidémiologique effectuée parmi les chevaux camarguais chiffrait l'incidence de ces tumeurs dans cette race à 34,4%.

Mais cette "prédisposition" raciale peut simplement être le reflet du plus grand nombre de chevaux gris dans l'effectif de ces races. Les chevaux gris pommelés qui se dépigmentent progressivement avec l'âge sont particulièrement prédisposés au développement de ces tumeurs. 

Chez les chevaux camarguais, ces tumeurs apparaissent, en moyenne, à un âge compris entre 5 et 9 ans. Dans cette race la prévalence est de 67% après 15 ans. Au moins 80% des vieux chevaux gris présentent des tumeurs des mélanocytes.
Le sexe ne semble pas intervenir dans la prédisposition, mâles et femelles sont touchés de la même façon.

Les localisations les plus communes et les plus typiques de ces tumeurs sont la face ventrale de la queue (94% des cas chez le cheval camarguais), le périnée (43%) et les organes génitaux externes. Ces sites sont des lieux le plus souvent non exposés aux rayons du soleil. Il ne semble donc pas que l'exposition solaire soit un facteur de risque aux mélanomes chez le Cheval. Seule la faible pigmentation de la peau paraît être un facteur de risque.

Moins fréquentes sont les localisations sur les lèvres, les glandes salivaires parotides, les membres, le cou, le chignon, les paupières, les oreilles, ainsi que les localisations internes, viscérales.

Alors que l'on considérait que ces tumeurs étaient rares chez les chevaux de moins de 6 ans, des observations récentes ont démontré qu'elles pouvaient survenir chez des animaux plus jeunes, mais en des localisations inhabituelles, autres que le périnée ou le tractus génital externe.

Elles se développent sur les membres, l'encolure et la tête. Ces tumeurs sont originales et sont nommées "mélanocytomes congénitaux ou acquis des jeunes chevaux" ou encore, en référence avec les mélanocytomes humains, nævi mélanocytiques. Contrairement aux tumeurs des mélanocytes "classiques" rencontrées chez les chevaux âgés gris, les nævi mélanocytiques surviennent chez de jeunes chevaux et chez des poulains, gris et non gris.

Ils sont plutôt isolés, discrets. Dans une étude pour laquelle ces nævi représentent environ la moitié des tumeurs des mélanocytes observées, les chevaux de race arabe semblent particulièrement prédisposés.

Dans cette étude seul 1 nævus mélanocytaire sur 29 semble manifester une tendance à la malignité, ce qui tendrait à prouver que ce type de tumeur demeure généralement bénin. Il est également suggéré que ces nævi puissent représenter une forme congénitale de tumeurs.

Les tumeurs des mélanocytes sont généralement fermes, lisses, uniques ou multiples. Uniques, elles sont généralement non ulcérées, discrètes, ce sont des nodules hémisphériques. Multiples, leur nombre forme une masse coalescente sous cutanée donnant à la peau une apparence bosselée, pavimenteuse, elles se présentent dans ce cas sous forme de larges plaques infiltrantes. Dans certains cas on observe la combinaison des deux types : nodules et plaques.

Parfois, plus rarement, ces tumeurs sont plutôt pédiculées ou ont une apparence verruqueuse. La peau surmontant la tumeur est poilue ou alopécique. Cette peau est généralement hyperpigmentée, cependant dans certains cas elle est dépigmentée, ce qui nécessite alors un diagnostic histologique.

Les tumeurs les plus petites ont un diamètre de moins de 1 cm, les plus grosses peuvent avoir plus de 20 cm de diamètre. La taille et le nombre de tumeurs sont significativement corrélés à l'âge de l'animal.

Les petites tumeurs ne causent généralement pas de symptômes, ni de problèmes aux différentes fonctions de l'animal. Elles se manifestent sous l'aspect de discrètes macules noires dans le derme. Les grosses tumeurs qui sont facilement traumatisées, s'ulcèrent et ont donc tendance à saigner fréquemment.

Ces grosses tumeurs peuvent éventuellement provoquer des obstructions du sphincter anal, du pénis et du prépuce ou de la commissure vulvaire occasionnant des ténesmes, de la dysurie, des difficultés de saillie et de parturition. Les tumeurs apparaissant sur le dos ou la tête peuvent s'ulcérer plus facilement et entraver l'utilisation du cheval en gênant le passage de sangle, de bride ou la pose de la selle.

Classiquement, la croissance des tumeurs des mélanocytes équins est définie par trois modes : une croissance lente, sur de nombreuses années (jusqu'à 20 ans), sans métastases; une croissance lente, sur plusieurs années, suivie par une croissance soudainement rapide et une transformation maligne ; une croissance rapide et maligne d'emblée.

La plupart des ces tumeurs ont donc, au début, une croissance lente pendant de nombreuses années. Environ 95% de ces tumeurs sont bénignes lors de leur découverte. Cependant, les tumeurs rencontrées chez les chevaux non gris ont plus souvent, semble-t-il, une évolution vers la malignité. En fait, il apparaît qu'en fin de compte, avec l'âge, la majorité de ces tumeurs devient maligne (66%).

Lorsque la transformation maligne survient, la propagation de la tumeur se fait par translocation, par voie lymphatique, sanguine ou par l'association de ces différentes voies. L'invasion des organes internes par ces tumeurs est habituellement rapidement fatale.

Les tumeurs périnéales et vulvaires métastasent généralement d'abord dans les nœuds lymphatiques sacrés, puis dans les nœuds iliaques internes et ensuite dans la rate, le foie, les poumons et la surface de la séreuse de la cavité péritonéale. Les tumeurs survenant dans les nœuds lymphatiques parotidiens envahissent souvent les glandes salivaires parotides, elles sont alors détectées par l'examen endoscopique des poches gutturales.

Les tumeurs se développant sur les membres provoquent de graves destructions locales de tissus et des boiteries, elles peuvent s'étendre éventuellement aux poumons et au foie. Les nerfs périphériques et la moelle épinière peuvent être également lésés par la transformation maligne de ces tumeurs.

Cette transformation maligne est-elle plus fréquente chez les chevaux gris que chez les animaux d'une autre robe ? Ceci n'a jamais été démontré. En fait, avec le temps, les mélanoblastes hyperplasiés subissent habituellement une transformation maligne, mais cette transformation demande généralement plus de 20 ans. On remarque que l'apparition de ces tumeurs chez les chevaux gris est souvent précédée de vitiligo. 

Les tumeurs des mélanocytes sont décrites comme étant des mélanomes, des mélanocytomes, des mélanomes bénins ou des mélanomes malins. En effet, il est difficile de déterminer le potentiel de malignité de la plupart des tumeurs des mélanocytes sur le simple et seul examen histopathologique.

Les tumeurs des mélanocytes du Cheval semblent avoir des caractéristiques phénotypiques différentes de celles du Chien, du Chat et de l'Homme, particulièrement en ce qui concerne l'activité proliférative des tumeurs bénignes. Ainsi, les marqueurs employés chez ces espèces pour prédire l'évolution clinique de ces néoplasies n'ont pas de valeur pour l'espèce équine.
Le diagnostic clinique de ces tumeurs est relativement simple, il est fondé sur l'apparence physique de la néoplasie. Pour le diagnostic histologique, une classification a été proposée par Valentine en 1995 :

Les nævi mélanocytiques ou mélanocytomes. Ce sont des tumeurs caractérisées par leur localisation dans le derme superficiel ou à la jonction dermo-épidermique. L'invasion épidermique n'est pas rare.

La structure cellulaire de cette tumeur comprend des îlots distincts de cellules tumorales relativement grandes, fréquemment légèrement à moyennement plésiomorphes, épithélioïdes à fusiformes avec de l'euchromatine nucléaire, elles sont parfois binucléées, elles peuvent présenter des mitoses.

Objectivement, ces nævi ont des caractères histopathologiques qui les identifient à des tumeurs malignes, c'est à dire aux mélanomes malins anaplastiques. La différenciation se fait sur l'anamnèse : ces derniers sont observés chez chevaux âgés alors que les nævi sont notés chez les jeunes chevaux. Ces nævi sont rarement malins bien que le caractère invasif de ces tumeurs ne soit pas rare.

Les mélanomes dermiques ou mélanomatose dermique. Ces tumeurs sont situées dans le derme profond et sont caractérisées par des cellules tumorales petites, homogènes, toutes semblables, rondes ou dendritiques avec de la chromatine condensée et une pigmentation cytoplasmique intense. Aucune mitose n'est observée.

Le terme de "mélanome dermique" est employé lorsque seules une ou deux tumeurs isolées sont présentes, tandis que celui de "mélanomatose dermique" sera préféré lorsque plusieurs tumeurs se rassembleront en une masse. Les deux entités sont histologiquement identiques. La mélanomatose dermique s'observe toujours aux localisations classiques et tend à n'affecter que des chevaux de plus de 10 ans (moyenne d'âge des chevaux atteints : 18 ans). Cette néoplasie a un fort taux de métastases. Elle a tendance à récidiver après exérèse.

Les mélanomes malins anaplastiques. Ces tumeurs sont constituées de cellules épithélioïdes extrêmement plésiomorphes, elles envahissent les cellules épithéliales, elles sont peu pigmentées et présentent de nombreuses mitoses. Elles affectent des chevaux âgés, de plus de 20 ans, qui ne sont pas obligatoirement gris. Rares, ces tumeurs ont des métastases agressives qui se disséminent peu de temps après le diagnostic.

Une étude histologique de ces tumeurs à leur stade débutant révèle que la formation de ces tumeurs et leur mélanogenèse a lieu en relation étroite avec les glandes sudoripares apocrines, mais non à la jonction dermo-épidermique. De gros nodules tumoraux sont souvent formés de dépôts concentriques de couches cellulaires, chacun étant séparé par des composants dermiques de l'épiderme. Du fait de cette absence de tropisme vis à vis de l'épiderme et de la multilocalisation, les mélanomes équins peuvent être considérer comme étant différents, pour leurs caractéristiques histopathologiques, des mélanomes humains.
La pathogénie n'est pas connue.

On pense qu'il s'agit, chez les vieux chevaux gris, d'une perturbation du métabolisme de la mélanine liée à la formation de nouveaux mélanoblastes ou à l'accroissement de l'activité des mélanoblastes existants, il en résulterait une surproduction locale et focale de pigment dans le derme.
Par ailleurs, aucun changement quantitatif de l'ADN, ni aucune mutation de p53 ne semble intervenir dans la genèse de ces tumeurs.

Une enquête familiale récente (St. Rieder et coll., 2000), a démontré que l'apparition de ces tumeurs impliquait un effet génétique important. Dans des prélèvements de tumeurs cette étude a trouvé des niveaux d'expression des ARNm de Pmel17/gp100 et de TYP1/gp75 (ce sont deux loci exprimés spécifiquement dans le mélanocyte), élevés, alors que ces niveaux sont normaux dans la peau d'un cheval non gris et bas dans celle d'un cheval gris.

Ces deux loci joueraient donc un rôle dans le grisonnement du Cheval. Un rôle possible du locus Cdkn2a/p16 (codant pour un inhibiteur du cycle cellulaire) a été envisagé dans la prédisposition des chevaux au mélanome, mais jusqu'à présent aucune mutation n'a été trouvée dans la séquence de ce locus.

 

images70.jpg

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (1)

1. Lotin 07/06/2014

je viens de sauver un cheval gris il y a un ans, aujourd'hui il présente un cancer au niveau du fourreau et testicules un examen a été fait, je
suis très triste pour mon cheval avez vous des traitements pour le soigner sans avoir recourt a la piqûre mortelle
merci de votre aide amicalement

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×