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9. Le crapaud du cheval

LE CRAPAUD

Crapaud du cheval :

Le traitement du crapaud et du kératome Le crapaud et le kératome sont deux affections du pied délicates à traiter, mais une bonne gestion permet de prévenir les récidives.
 

Définition et pathogénie

Le crapaud n’est ni une tumeur ni une néoplasie, et n’affecte pas nécessairement la fourchette, qui n’est pas toujours le point d’origine de la lésion . En anatomie pathologique, sa dénomination correcte est celle “pododermatite chronique hypertrophique” (PDCH).

C’est donc une inflammation chronique du derme du pied caractérisée par des lésions hypertrophiques. Une caractéristique de la PDCH, qui explique peut-être son nom en anglais (canker), est la tendance à s’étendre de la lésion initiale en envahissant les tissus voisins. Ainsi, il est fréquent qu’une lésion ayant pour origine, par exemple, la fourchette, s’étende au chorion de la sole, des barres et même de la paroi

> Éléments à retenir

> Le traitement du crapaud est chirurgical, et peut généralement être pratiqué chez le cheval debout si les lésions ne concernent qu’un membre.

> Le curetage doit être soigneux, et être poussé jusqu’aux couches de tissus rosés, fermes et non exsudatifs.

> Les récidives de crapaud sont fréquentes, mais une application topique d’un mélange d’acide picrique et d’acide salicylique est un bon moyen de prévention.

> Le kératome est une néoplasie ayant pour origine l’épiderme podal.

> L’exérèse complète du kératome est primordiale afin de prévenir les récidives.

> Mots - clés

Sabot, crapaud, pododermatite chronique hypertrophique, kératome, fer à plaque, plaque d’hôpital.

Le crapaud se caractérise par un tissu surélevé, mou, d’aspect caséeux (de fromage mou), humide et proliférant, avec une vascularisation importante. Typiquement, le parage des tissus hypertrophiques provoque une hémorragie abondante. Les causes n’en sont pas déterminées, même si à l’origine une irritation du derme local qui perdure a souvent lieu. Le pourrissement profond chronique de la fourchette est l’anamnèse la plus commune.

Le pourrissement de la fourchette possède sans doute une composante bactérienne (Fusobacterium necrophorus) .

Un pourcentage non négligeable de cas de PDCH semblerait régresser avec l’administration de tétracyclines (voie systémique) ou de métronidazole (vo i e topique). Nous avons également traité des cas de PDCH ayant pour origine des lésions traumatiques (seimes, lésions laminaires) qui, mis à part de leur foyer d’origine, présentaient toutes les autres caractéristiques du crapaud classique.

Chez le cheval, les tissus conjonctifs réagissent souvent de manière excessive aux traumatismes, blessures ou sollicitations excessives (il suffit de constater la facilité d’apparition d’exostoses importantes, de chéloïde ou de tissu de granulation exubérant). L’utilisation inappropriée par les propriétaires de nombreux traitements topiques, souvent caustiques, pour traiter le pourrissement de la fourchette, dont la cause initiale est généralement un mauvais entretien (manque d’hygiène, excès d’humidité, endroits renfermés, etc.), contribue à l’irritation chronique du derme.
 

Traitement
La thérapie consiste à débrider et à cureter chirurgicalement toutes les parties d’épiderme d’aspect anormal, jusq u’aux couches inférieures, à l’aspect rosé, ferme et non exsudatif
 

Préparation du cheval
Il est généralement possible d’intervenir chez le cheval debout sous sédation (par exemple avec 1 mg de détomidine et 2 mg de butorphanol pour 100 kg par voie intra veineuse, ce qui assure environ 90 minutes de sédation utile), avec une anesthésie régionale sésamoïdienne abaxiale (3 ml de mépivacaïne 2 % sont injectés à la base des sésamoïdes proximaux, médial et latéral) et une esmarchisation soigneuse.

Pour diminuer l’importance de l’hémorragie pendant l’intervention chirurgicale, il convient d’appliquer la bande d’Esmarch (bande tourniquet en caoutchouc naturel) en commençant par le bord distal du sabot, pour remonter progressivement et pour bloquer la bande au boulet, par-dessus les sésamoïdes proximaux.

Il convient de laisser un bout libre au début de la bande, pour pouvoir libérer par la suite le sabot de la bande d’Esmarch, et avoir accès au champ opératoire. L’avantage de commencer distalement par le sabot et de progresser proximalement est de vider les plexus vasculaires, et ainsi de limiter l’hémorragie pendant l’intervention.

Il n’est pas rare de devoir enlever des parties de sole et de paroi kératinisées et dures au-dessus de zones épidermiques infiltrées par les lésions prolifératives. Un pansement modérément antiseptique et humide, appliqué 12 à 24 heures avant l’intervention , ramollit ces parties plus dures et permet également d’obtenir un champ opératoire plus propre.
 

Pansement et ferrure
Après l’intervention chirurgicale, si la quantité de paroi restante le permet, il est conseillé d’appliquer une ferrure à couvercle ou plaque d’hôpital, sous laquelle sont appliquées des compresses comprimées imbibées de povidoniodée 1 %, avant d’enlever la bande d’Esmarch.

En vissant la plaque d’hôpital, les compresses sont comprimées, ce qui limite l’hémorragie lors de retrait de la bande. Afin de raccourcir le temps d’opération, il convient de préparer préalablement la ferrure thérapeutique.

Le modèle dépend de la localisation et de l’extension des lésions. Il est fréquent que celles-ci se propagent dans la lacune médiane de la fourchette, en montant jusqu’entre les bulbes des talons. Dans ce cas, la plaque doit couvrir (sans contact direct) cette zone, pour maintenir in situ le bandage compressif le premier jour et le traitement local les jours suivants

 

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