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3. La piroplasmose

PIROPLASMOSE

LA PIROPLASMOSE

Une partie de l’équipe de France d’endurance n’à pu aller au championnat du monde au USA. Ce ne sont pas leurs résultats qui les en empêchent mais les anticorps que leurs organismes ont fabriqués pour lutter contre le parasite de la piroplasmose. Absente des États-Unis, cette maladie est transmise par les tiques. Et les Géorgiens n’entendent pas prendre le risque de contaminer leurs tiques. même s’il faut pour cela, refuser l'entrée de leur territoire aux meilleurs chevaux du monde... Coup de tonnerre dans le Landerneau hippique international !

Certains des meilleurs chevaux de sport se voient privés de championnat du monde. Ce sont les États-Unis, et plus exactement la Géorgie (État où se trouve Atlanta), qui interdisent à ces chevaux, pour raison sanitaires, l'accès à leur territoire.

Sont, en effet, refoulés tous les chevaux positifs à la piroplasmose ainsi que, peut-être, certains chevaux de concours hippique ou de dressage si leur nombre est trop élevé. La piroplasmose étant très répandue en France, notre pays est particulièrement touché par cette mesure sanitaire. Qu'est-ce exactement que la piroplasmose ?

Que signifie les tests de positivité à cette maladie ? Les mesures sanitaires américaines sont-elles justifiées ou peuvent-elles être apparentées à un coup monté destiné à pénaliser les compétiteurs européens? Quelle est la validité d'une épreuve dont sont exclus certains des concurrents les plus sérieux ? Est-ce la fin de l'équitation internationale ? Autant de questions qui se posent et pour lesquelles les réponses ne sont pas toujours très nettes. Tentons d'y voir plus clair!
 

Qu’est ce que la piroplasmose

La piroplasmose est une maladie qui ressemble beaucoup au paludisme de l'homme. Elle est transmise par les tiques (ces insectes en forme de petit sac qui sucent le sang des animaux) qui injectent aux chevaux le microbe responsable, la "Babesia". Ce parasite unicellulaire pénètre alors dans les globules rouges du sang des chevaux et les détruit.

Toutefois, comme pour le paludisme chez l'homme, tous les chevaux contaminés par la piroplasmose ne sont pas forcément malades. Certains chevaux sont fortement atteints : ils auront de la fièvre, des urines très foncées, des œdèmes et peuvent parfois en mourir s'ils ne sont pas soignés à temps.

D'autres, au contraire, manifesteront une forme atypique de la maladie. D'autres, enfin, ne seront pas malades du tout. Certains chevaux conservent donc fort longtemps les microbes de la piroplasmose dans leur sang. ils sont "malade chronique" s'ils ont quelques symptômes, comme une légère anémie, ou porteur sain", s'ils sont en pleine forme.
 

Comment les chevaux attrapent-ils la piroplasmoses

La piroplasmose n'est pas contagieuse de cheval à cheval. Il faut obligatoirement qu'une tique véhicule le microbe d'un cheval à l'autre pour que la maladie se répande. Tout comme le SIDA, la piroplasmose peut aussi se transmettre par une seringue ou une aiguille contaminée auprès d'un cheval atteint. Par conséquent, pas plus que chez l'homme, il ne faut utiliser une même seringue ou une même aiguille pour faire des piqûres à plusieurs chevaux de suite. Il existe deux espèces différentes de Babésia qui provoquent la babésiose (un synonyme de piroplasmose).

L'un (Babesia equi) est plus dangereux que l'autre (Babesia caballi). Toutes les tiques ne transmettent pas cette maladie. Seules certaines espèces de tiques bien précises (trois en France) peuvent servir de véhicule aux germes de la piroplasmose. Ce sont les femelles tiques qui mordent les chevaux (entre autres) pour y pondre leurs œufs.

Si le cheval mordu est porteur de la piroplasmose, la tique repart avec le germe de la maladie, sans trop en souffrir. Les Babesia vont alors se précipiter dans la salive de la tique de manière à pouvoir contaminer le prochain cheval que la tique mordra. En effet, la tique injecte sa salive pour fluidifier le sang du cheval qu'elle mord.
 

Quelle est la répartition géographique de la piroplasmose

Sont exposés à la piroplasmose tous les chevaux qui vivent dans des lieux où il y a de la piroplasmose (et donc des tiques). En France, la maladie est surtout présente dans le sud du pays, mais aussi dans l'est, les Pays de Loire et la Normandie.

En Europe, c'est aussi le sud qui est le plus touché, En revanche, la Grande-Bretagne, l'Irlande, les Pays-Bas, l'Allemagne et les pays scandinaves sont très peu atteints. Dans le monde, l'Afrique, l'Amérique du sud et le sud asiatique sont fortement contaminés, alors que les régions plus au nord, les États-Unis en particulier, sont à peu prés épargnés.

L'Australie est le seul continent où la piroplasmose est encore inconnue. Cette répartition géographique de la maladie correspond très précisément à celle des tiques. Car sans tique, la maladie ne peut pas exister durablement.
 

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Tout comme pour le paludisme, les individus qui ont grandi et vivent dans une région infectée par la piroplasmose sont relativement immunisés alors que les chevaux qui vivent dans des régions non infectées sont beaucoup plus sensibles à la maladie. En schématisant, les chevaux qui vivent dans les zones touchées par la piroplasmose ont été contaminés depuis leur plus jeune âge et parviennent à bien se défendre.

Ils n'ont que peu ou pas de symptômes et peuvent répandre la maladie (sous une forme chronique) sans trop en souffrir eux mêmes. A l'opposé, le cheval subitement transféré d'une zone indemne vers une zone contaminée peut développer une forme aiguë de la maladie avec fièvre, anémie (destruction des globules rouges), jaunisse, etc.

Ces formes aiguës sont parfois mortelles si elles ne sont pas soignées à temps. Quand il en réchappe, le cheval peut, après sa guérison, rester porteur chronique du parasite (surtout le Babesia equi) pendant plusieurs années et parfois récidiver en développant à nouveau une forme aiguë, à la suite d'un stress, en particulier, Entre ces deux formes extrêmes, il existe bien sûr tous les intermédiaires et les formes atypiques de la piroplasmose sont légion.
 

Existe-t-il un traitement ?

Reprenons nos deux cas extrêmes : pour les chevaux qui font une piroplasmose aiguë en arrivant dans une zone contaminée, le problème est simple : ils sont infectés d'une foule de Babesia parce qu'ils ne disposent pas des anticorps suffisants pour lutter seuls contre la maladie. Il faut donc leur donner un médicament qui tue les Babesia. On en connaît un pour la plus rare des deux espèces de Babesia (caballi), mais pas pour l'autre (B. equi).

De plus, pour être efficace, ce médicament doit être donné à une dose proche de la dose toxique. Il est donc préférable de donner aux chevaux récemment arrivés en zone de piroplasmose un traitement préventif, un peu comme on donne de la Nivaquine aux hommes blancs qui se rendent dans un pays touché par le paludisme.

Le problème est différent pour l'autre cas extrême : celui du cheval élevé en zone contaminée. Son sang contient un fort taux d'anticorps anti-piroplasmose et peu ou pas de Babesia. Il se porte comme un charme et son seul problème est son taux d'anticorps (protecteur) qui lui interdit l'entrée des États-Unis. On peut, bien sûr, tenter de faire diminuer ce taux d'anticorps en tuant les rares parasites par un traitement musclé.

Toutefois, ce traitement est long et il fatigue le cheval, ce qui est évidemment un problème à la veille de course. De plus il n'est pas dit que la suppression des Babesia suffise à faire baisser suffisamment le taux d'anticorps pour permettre au cheval de passer la frontière américaine...

En ce qui concerne l'éradication totale de la maladie, elle n'est ni possible, ni souhaitable en France pour l'instant. En effet, il n'existe pas encore de vaccin contre les piroplasmes. Il est illusoire de penser détruire toutes les tiques vectrices, même si on peut lutter contre elles. En outre, la persistance d'un faible taux d'infection par le piroplasme permet aux chevaux français d'entretenir un état d'immunité qui fait en quelque sorte office de vaccination.
 

Qu’est ce que la séropositivité

Il existe deux moyens de rechercher la piroplasmose chez un cheval. On peut tout d'abord essayer de voir directement le parasite au microscope, dans une goutte de sang. Cette technique est, hélas, fort peu efficace car les Babesia, bien que présentes, restent souvent invisibles.

Elle n'est, par exemple, d'aucun secours pour les chevaux porteurs sains ou chroniques... C'est pourquoi les vétérinaires recourent, le plus souvent, à une autre technique. Ils recherchent non plus le microbe dans le sang, mais les anticorps que le cheval a développés pour lutter contre le microbe.

Un cheval positif à la piroplasmose est donc un cheval qui possède des anticorps contre la piroplasme. Cette méthode indirecte présente toutefois de nombreux inconvénients. Tout d'abord, le cheval a besoin d'une semaine pour fabriquer des anticorps lorsqu'il est contaminé par la piroplasmose.

Ensuite, un cheval peut conserver dans son sang des anticorps alors que le parasite a déjà totalement disparu de son organisme. Un cheval "positif à la piro" signifie donc seulement que le cheval a rencontré plus ou moins récemment des Babesia. Peut-être est-il encore porteur du germe, mais peut-être aussi est-il totalement guéri.

Il existe, en outre, plusieurs méthodes de dosage des anticorps de qualité inégale. Enfin, le taux des anticorps détectés est également sujet à discussion pour estimer l'importance et l'ancienneté de la contamination. On comprend donc que ce test soit peu fiable d'un point de vue sanitaire et soulève des polémiques.

 

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