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9. Prévention des Tics

TICS DU CHEVAL

Prévenir les tics.
Un cheval tique parce qu’il s’ennuie ou au contraire est soumis à un stress trop intense. À l’état naturel, le cheval mange au moins 14 heures par jour, a des compagnons, marche presque toute la journée et il a la possibilité (l’obligation) de fuir en cas de peur. Un cheval que l’on empêche de faire tout cela, voit son organisme se déséquilibrer, il aura donc besoin de trouver des palliatifs aux fonctions naturelles pour apaiser la tension que le non- accomplissement des activités aura provoquée.
Pour prévenir l’apparition d’un comportement compensatoire, il faut donc donner au cheval les moyens de satisfaire au mieux ses besoins physiques et physiologiques. Le cheval doit manger la majeure partie de la journée, il faut donc privilégier les repas longs à manger (foin, et même paille si sa litière n’en est pas faite) peu riche, pour en augmenter le volume. Il faut aussi fractionner au maximum les repas, ce qui a, en plus, l’avantage de couper la journée et de mieux occuper le temps du cheval. Attention à ne pas suralimenter le cheval sous ce prétexte :
outre les problèmes de santé liés au surpoids, un excès d’énergie, n’ayant pas d’exutoire, peut aussi faciliter l’apparition de tics. Le cheval doit avoir des compagnons, plusieurs si possible et pouvoir entrer en contact physiques avec eux, ne serait-ce que nez à nez à travers une grille, le mieux étant bien sûr au moins deux chevaux dans un pré ou dans un même box suffisamment grand. Bien sûr, mettre trop de chevaux, dans un espace trop petit, n’est pas une bonne chose : on ne doit pas forcer les chevaux à un contact permanant.
 
C’est le cas dans les écuries composées de petits boxes, où les chevaux n’ont aucun moyen d’éviter leurs congénères et peuvent en conséquence déclencher des tics d’agressivités (ou d’inhibition), n’arrivant jamais à maintenir un espace personnel suffisant. Dans le cas où il est impossible qu’il y ai un autre cheval, un autre compagnon est appréciable : chat, poulet…Il faut donner au cheval l’occasion de se déplacer. La mise au pré est la solution la plus simple. En cas d’empêchement, le box doit être suffisamment grand pour que le cheval puisse s’y mouvoir à l’aise, et on doit veiller à lui faire faire suffisamment d’activité, afin qu’il ne stocke pas d’énergie superflue, qui augmenterait son éventuelle nervosité, et donc le risque d’apparition de tics.
Dans le cas d’un cheval en box, ou d’un cheval seul (mais c’est aussi très profitable pour un cheval ayant une vie plus naturelle), il faut veiller à occuper ses journées. Il y a différents moyens pour cela. Les mouvements d’autres animaux et des humains autour des boxes et des prés peuvent stimuler l’attention du cheval.
 
On peut venir soigner le cheval plusieurs fois dans la journée au lieu de tout grouper en une fois (bien sûr, cela est parfois très difficile à organiser !) Pour les chevaux n’allant pas au pré, il peut être très profitables que ceux-ci soient sortis du box pendant que celui-ci qu’il est nettoyé : c’est l’occasion pour le cheval de changer un peu d’environnement (et c’est plus sécuritaire), le cheval peut aussi être sorti pour le pansage, promené en main, amené brouté…
Cependant, encore une fois, le trop est l’ennemi du bien : les chevaux ont besoin de stimulations, mais aussi de calme. Devant trop d’agitation, le cheval peut se sentir agressé ou tout simplement irrité et éventuellement apeuré et développer des troubles comportementaux pour résoudre ces difficultés. Si le travail est une occasion d’occuper le cheval, de le débarrasser d’un trop-plein d’énergie, de le faire bouger, un travail abusif (trop long ou trop intense) ou réalisé dans l’agitation et l’énervement peut aussi provoquer des montées de stress qui si elles sont répétées peuvent causer des tics comme celui de l’encensement.
Pour préserver les chevaux des troubles involontaires compulsifs, il faut les maintenir dans des situations les plus proches possible de l’état naturel, veillant à les stimuler sans les stresser. D'autres facteurs entrent aussi en ligne de compte, comme la luminosité, le bruit etc...
 
Les tic, troubles involontaires compulsifs, sont des symptômes.
Le cheval réalise des mouvements non productifs apparemment sans but, répétitifs. On parle de comportements stéréotipés. Le cheval subissant du stress ou des frustrations, de l'ennui va inventer des comportements. Il s'agit de phénomènes de compensations : le cheval élabore un comportement pour remplacer celui, plus adapté, qu'il ne peut réaliser.
 
Cela lui procure un soulagement. En effet, la non réalisation d'un comportement crée un besoin de "faire quelque chose" : les ressources mobilisée par l'organisme peuvent donc être utilisées. Sous l'effet d'une inquiétude vous marchez en rond autour de votre bureau vous compensez le fait de ne pas avoir déjà une solution en dépensant de l'énergie à vous agiter.
Si la situation frustrante et /ou stressante perdure, le cheval se réfugiera plus souvent dans cet exutoire.
 
Il va le ritualiser. La plupart des rites ont un effet apaisant et peuvent permettre la réalisation sereine (plus ou moins) d’un acte habituellement générateur de stress ou l'acceptation d'une situation (rituel avant d’entrer sur scène, rituel du couché pour les enfants…).
L'organisme sécrète alors des endorphines, qui apaise le cheval, lui procure du bien être. Comme certains fument une cigarette, le cheval produit des mouvements apparemment incohérents.
Il ne faut pas empêcher un cheval de tiquer.
 
Tout comme le fumeur ne supporte pas qu'on lui cache ses cigarettes, le cheval souffre qu'on l'empêche de tiquer, d'autant plus que si le fumeur peut comprendre que c'est pour le bien de sa santé, le cheval n'est pas capable d'avoir ce recul ! Pensez bien que le tic n'est pas une bêtise du cheval, c'est une manifestation de mal être qui de plus le soulage !
 
Il existe plusieurs solutions de contention pour stopper le cheval, même des opérations ! Elles sont toutes un échec : très souvent, le cheval redirige son exutoire vers autre chose, un autre tic, souvent pire. Ainsi, une proportion signifiante de chevaux mutilés pour les empêcher de tiquer à l'appui sont devenus agressif ou auto agressif.
Il faut l'aider à se sentir mieux.
 
Il est très difficile de supprimer le tic du cheval souffrant, car la sécrétion d'endorphine crée une dépendance. Plus le tic est installé depuis longtemps moins les chances de le voir disparaître seront grande. Par contre, on peut espérer voir une dimininution de la fréquence et de l'intensité des mouvements.
 
Ce n'est cependant pas une raison pour négliger cet appel au secours. Une solution simple et évidente, mais pas toujours facile ou possible à mettre en œuvre je le conçois, est de mettre le cheval au pré, avec des compagnons et de l'alimenter à volonté tout en diminuant, voir supprimant les aliments riches.
 
Mais il peut-être mauvais pour le cheval pas habitué à cela d'être soudainement lâché en troupeau et d'être privé de son box tout à coup ! De nombreux facteurs provoquent le stress du cheval, dans son environnement, la relation à son entourage, la façon dont il est travaillé etc... Par exemple, on trouverait plus de chevaux tiqueurs en écurie de dressage qu'en écuries de complet. C'est assez logique cette discipline
* est bien souvent contraignante, la vie en box (il semblerait que les chevaux de dressage soient ceux qui sortent le moins) est contraignante, pour paraître plus rond, plus musculeux ils sont de plus souvent suralimentés (excès d'énergie).
 
Il conviendra alors pour chaque cheval de trouver les facteurs perturbants et de trouver les solutions convenant à chacun.
*Je suis une "cavalière de dressage" pas de "dressage sportif" mais peu importe. Je suis persuadée que l'on peut faire de cette discipline un summum de communication, dépourvu de contrainte, qu'on est pas obligé d'en faire un Jeu de massacre ni de mettre le doigt dans la plaie (Heuschmann). Néanmoins, les écarts d'attitude y sont largement moins tolérés, la concentration, la codification des mouvements donne moins de liberté.
Les facteurs génétiques, les facteurs éducatifs.
Il semblerait que les chevaux dont les parents sont tiqueurs aient plus de risques d'en développer eux-mêmes, de même que certaines races soient plus disposées que d'autres. On pourra cependant remarquer que les mêmes lignées, les membres de même races se trouvent dans les mêmes disciplines, dans les mêmes types d'écuries.
 
Ce n'est pas parce qu'un cheval est disposé qu'il va nécessairement développer le trouble, de plus si l'on sait que le cheval peut avoir des risques particuliers, il est souhaitable d'y prêter particulièrement attention. On a remarqué aussi que les chevaux placés dans la même écurie que des chevaux tiqueurs ont plus de risque de reproduire les mêmes tiques.
 
Il est vrai que si un cheval tique dans une écurie (l'y développe), c'est-à-dire qu'il n'y est pas bien, il est fort probable que son voisin n'y soit pas bien non plus ! Les chevaux imitateurs peuvent suivre le tic de leur voisin sans, pour autant, que cela soit un stéréotype : les mouvements n'ont pas la même puissance, le cheval ne tiquera plus hors de la présence de l'autre. Néanmoins, cela peut évoluer dans la mauvaise direction. Il m'a été rapporté qu'un compagnon de pré d'un cheval tiqueur a imité le tic de son compagnon pendant quelques jours après que celui-ci soit parti.
 
TIC courants
Le TIC à l'appui et TIC à l'air
 
Le cheval prend appui sur un support quelconque, ou s'exécute sans appui, et contractant son pharynx (la mâchoire et l'encolure) réalise un bruit de déglutition. En réalité, contrairement aux idées reçues, le cheval n'avale pas d'air.
 
Les ballonnements souvent mentionnés sont probablement dus aux ulcères. En effet, le tic à l'appui et à l'air sont liés très souvent à une nourriture d'un trop faible volume : le cheval restant l'estomac vide un trop longtemps souffre de brulure d'estomac, d'ulcères. La contraction de la mâchoire provoque la sécrétion de salive rafraichissant l'estomac et soulageant la sensation de brûlure.
 
A cela s'ajoute le fait tout simple que le cheval s'ennuyant et voulant manger substitue la porte ou le vide au foin (généralement le cheval tiquant à l'air commence par tiquer à l'appui) Le tic à l'appui use les incisives. On accuse souvent ce type de comportement d'être responsable de colique. Le cheval tiqueur n'avalant pas d'air cela est très peu probable. Mais le stress, l'acidité gastrique peuvent très bien amener des troubles digestifs
TIC de l'ours
Le cheval se balance d'un pied sur l'autre. Bien évidemment cela est mauvais pour les articulations. Cela est lié au besoin de bouger, à de l'impatience.
Auto mutilation Ce sont surtout les chevaux entiers qui en sont atteints. C'est le symptôme d'une très grande souffrance, d'une grande détresse. 
Les mouvements de tête Lorsque le cheval n'est pas monté est généralement du à des irritations... Tous les TIC ne sont pas répertoriés ici, il y en a encore beaucoup.
Il ne faut pas confondre manies et TIC Certains comportements apparaissant à certains moment sont significatifs d'agacement ils pourraient à la longue se transformer en tic.
 
Par exemple, ma jument grattait du pied à l'attache. Un autre cavalier de ma pension de l'époque allait systématiquement la caresser à ce moment, pour l'occuper car elle s'ennuyait.
 
Elle s'ennuyait, effectivement ! Mais, intervenir à ce moment là la confortait dans son comportement. La manie aurait plus s'installer de manière plus profonde et se transformer en tic : elle aurait commencé à gratter au box à certains moments, puis n'importe quand sous tout effet d'un stress. Négliger le comportement quand il se manifestait, la détacher quand elle était calme, le mieux étant avant qu'elle ne s'agite était ce qu'il convenait de faire.
 
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