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7. Les Rênes longues

Les Rênes longues

 Tenir les rênes, ajuster les rênes, raccourcir les rênes, prendre et conserver le contact ...ce sont des habitudes que les cavaliers prennent en manège, contrôler la tête, l'encolure, le devant de leur monture. A côté de cette habitude, il existe également le reflexe du piéton qui consiste, lors de chaque perte d'équilibre, à s'accrocher à quelque chose, à ce qu'il trouve et donc plus facilement, à ce qu'il a déjà dans les mains : les rênes !
Ce comportement se poursuit à chaque difficulté, même lorsqu'il n'y a aucun problème d'équilibre à résoudre. Le cavalier s'accroche aux rênes, se rattrape, se rassure d'avoir repris le contrôle...

Ajuster les rênes pour travailler, pour demander quelque chose à son cheval, c'est nécessaire. Par contre le contact doit être léger et liant pour ne pas que l'encolure se crispe, que le cheval lève son nez, ou bien encore qu'il tire. Rendre les rênes au cheval, lui rendre l'usage de son encolure, lorsque le cavalier n'en n'a pas nécessairement besoin, c'est indispensable.

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Rênes posées sur l'encolure.
Rendre les rênes au cheval constitue une récompense au même titre que la caresse, la friandise ou la flatterie vocale.

 

A quoi sert l'encolure ?
 

1 S'équilibrer : Le bras de levier tête-encolure modifie l'équilibre du cheval en déplaçant le centre de gravité. L'encolure sert ainsi de balancier grâce à son poids, son inclinaison et son mouvement. Son utilisation permet au cheval de gagner de précieuses secondes en cas de fuite.

2 Voir et se rassurer : L'encolure permet également au cheval de lever haut sa tête pour scruter l'horizon avec son regard panoramique. Cette fonction lui permet d'analyser les situations pour se rassurer ou pour prendre la décision de fuir ce qui est indispensable à sa survie. Il lui arrive également d'avoir à sentir l'endroit où il doit poser ses pieds en allongeant l'encolure vers le sol pour le franchissement de rivières, flaques d'eau, passerelle, forte pente, terrain douteux ...

3 Chasser les mouches, se gratter.

Vol d'encolure :

1) Le cavalier prend la tête pour contrôler la direction, la vitesse et l'équilibre. Il oublie très souvent de rendre sa tête au cheval lorsqu'il ne demande plus rien. Pire, il croit pouvoir régler l'équilibre de sa monture en conservant des rênes ajustées lorsque son cheval trébuche. En fait, il ne fait rien moins qu'empêcher le cheval de se rattraper facilement en abaissant l'encolure pour alléger l'avant-main. De plus, il existe vraiment très très peu de cavaliers capables d'équilibrer vraiment un cheval en utilisant le relèvement de l'encolure : le plus souvent, cela ne ressemble qu'à du tire-pousse.


2) Quand la tête est retenue par les rênes, le cheval ne peut plus procéder à ses contrôles sur l'environnement. Ce phénomène est aggravé par l'utilisation d'enrenements. Le cheval est alors continuellement en train d'essayer de sortir des aides pour tenter de voir ce qui se passe. En fonction des réactions de son cavalier, aveugle et sourd à ses tentatives de communication, le cheval va développer plusieurs réactions : endurcissement de la bouche, frénésie, fébrilité, coups de tête, résistance permanente, arrachage des rênes, angoisses chroniques, trottinements ... Ces comportements secondaires font le bonheur des vendeurs de ficelles !


Lorsque le cheval veut descendre la tête pour regarder un passage délicat, le cavalier croit à tord que celui-ci veut lui arracher les rênes, il les tient alors d'autant plus fort et pousse son cheval avec les jambes. Le cheval ne pouvant plus examiner son terrain, retenu par les mains et poussé par les jambes, est contraint d'entrer en défense : cabrer, demi-tours, résistances diverses... Quand le cavalier n'est pas en plus complètement penché en avant : reculer, encapuchonnement ...


Sans son encolure, le cheval est handicapé. Un cheval encadré en permanence n'est pas autonome, ni sur. Lorsqu'il sait qu'il ne peut utiliser son encolure pour regarder ni pour fuir, il reste loin de l'objet de sa crainte, en marchant en crabe, en refusant d'avancer.


3) Parce que les mouvements du cheval qui chasse les mouches agacent le cavalier, celui-ci va l'affubler de bonnets anti-mouches, lanières descendant sur le chanfrein, de façon à ne plus se faire arracher les rênes des mains... Soulager une démangeaison est une chose dont le piéton n'aimerait pas être empêché, pourtant c'est souvent ce qu'il impose à sa monture.

Rendre vraiment les rênes :

Lorsque le cavalier s'octroie une pause après un exercice, il repasse généralement au pas. Malheureusement, dans la plupart des cas, il garde les rênes ajustées, même lorsque l'enseignant demande les rênes longues, et même lorsqu'il insiste en expliquant pourquoi.

Quand enfin le cavalier les détend, c'est très timidement, et le cheval conscient du phénomène, finira soit d'arracher les rênes, soit restera en retrait de cette main de peur de se cogner contre la main, amenant le cavalier à penser qu'il a rendu assez puisque le cheval n'en demande pas plus ! Un autre défaut réside dans le fait de lever la main au niveau de la poitrine !

La main tient bien le flot des rênes ou la boucle mais elle est tellement haute que cela ne sert à rien ! C'est tout ou rien, mais pas la moitié. Les rênes doivent être rendues sur toute leur longueur, posées sur l'encolure ou tenues par la boucle, la main étant posée sur l'encolure.


 

Accompagner l'encolure: au pas, au nom de cette demi-longueur rendue au cheval, le cavalier s'autorise à poser ses mains (ou sa main s'il tient les deux rênes ensemble). Or, cette absence d'accompagnement du balancier constitue une gêne permanente dont le cavalier n'a même pas conscience, obligeant le cheval à se retenir dans le pas, allure déjà très difficilement améliorable ! Le cheval se cogne à chaque foulée sur la tension des rênes, ou reste en deça de cette tension, son pas se détériore, l'amplitude diminue, l'impulsion est tarie, le dos se creuse...


 

En extérieur, le cheval a vraiment besoin de son encolure, le cavalier d'extérieur ne fait pas du tout le même usage des rênes que le cavalier de manège. Pour sortir en extérieur, le cavalier de manège doit s'adapter et c'est très difficile en raison d'automatismes, eux aussi "de survie". Pour y pallier il suffit bien souvent d'avoir recours à un moyen de tenue classique : collier, étrivières, crinières... Le cavalier doit laisser la bouche et l'encolure libre les 3/4 du temps en promenade, puisqu'il n'y a pratiquement rien à faire. Chaque coup d'œil que le cheval peut donner, c'est un écart en moins !

Le contrat : sécurité et collaboration

Le cheval doit respecter la main du cavalier, et le cavalier doit respecter la liberté d'encolure du cheval.
- le cavalier prend ses rênes quand il a besoin de demander quelque chose à son cheval
- le cheval n'a pas le droit de prendre l'allure supérieure, ni de précipiter, ni de zigzaguer, ni de brouter...
- le cheval a le droit de regarder, d'étendre et d'abaisser l'encolure, de se gratter...
- le cavalier veille à ce que le cheval ne franchisse pas les limites du contrat : il lui permet de tenter quelques expériences pour les lui enseigner.
- le cavalier apprend à manier son cheval au poids des rênes ("poids du cuir"), dans l'idée de l'équitation western : les rênes en guirlandes forment des chevaux calmes et courageux.  

 

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